Numérique

L’impact caché du numérique dans les stratégies de durabilité

#Conseil #Déploiement
Le numérique est souvent perçu comme un levier de transition écologique : dématérialisation, optimisation des processus, réduction des déplacements, pilotage de la performance environnementale. Mais derrière cette promesse se cache une réalité plus complexe : le numérique a lui aussi une empreinte environnementale et sociale croissante, encore largement sous-estimée dans les stratégies de durabilité. À mesure que les organisations accélèrent leur transformation digitale, une question devient incontournable : peut-on vraiment parler de durabilité sans interroger nos usages numériques ?

Le mythe du numérique “immatériel”

 

Le numérique donne l’illusion d’un monde sans matière. Données, cloud, intelligence artificielle ou marketing digital semblent flotter dans un espace abstrait, déconnecté des ressources physiques.
En réalité, chaque usage numérique repose sur une infrastructure lourde :

  • centres de données énergivores,
  • réseaux de télécommunication,
  • terminaux toujours plus nombreux,
  • cycles de renouvellement rapide du matériel.

Emails, visioconférences, plateformes collaboratives, reporting ESG digitalisé : pris individuellement, leur impact paraît négligeable. Cumulés à l’échelle d’une organisation, et plus encore d’un système économique, ils deviennent significatifs.

 

 

 

Quand la transformation digitale entre en tension avec la durabilité

 

Dans de nombreuses entreprises, les stratégies RSE et digitales évoluent encore en parallèle, voire en silos. D’un côté, des objectifs de réduction d’empreinte carbone. De l’autre, une course à la performance numérique : plus de données, plus d’outils, plus d’automatisation.

Cette logique pose plusieurs tensions :

  • multiplication des outils et plateformes, souvent sous-utilisés,
  • explosion des volumes de données stockées “au cas où”,
  • automatisation sans remise en question des besoins réels,
  • dépendance croissante à des infrastructures numériques peu maîtrisées.

Le risque ? Que le numérique annule une partie des bénéfices environnementaux recherchés ailleurs, tout en donnant une impression de modernité et d’efficacité.

 

 

 

Le numérique responsable : un changement de regard avant tout

 

Réduire l’impact du numérique ne se limite pas à des choix technologiques (serveurs plus verts, outils plus performants). Il s’agit avant tout d’un changement de posture. Un numérique responsable interroge :

  • l’utilité réelle des outils déployés,
  • la sobriété des usages,
  • la durée de vie des équipements,
  • la gouvernance des données,
  • la cohérence entre discours RSE et pratiques digitales.

Autrement dit, il ne s’agit pas de “faire plus de numérique vert”, mais parfois de faire moins, autrement.

 

 

 

De la sobriété numérique à la cohérence stratégique

 

Intégrer le numérique dans une stratégie de durabilité, c’est accepter de poser des questions parfois inconfortables :

  • Avons-nous réellement besoin de cette nouvelle plateforme ?
  • Cette automatisation crée-t-elle de la valeur durable ou seulement de la complexité ?
  • Nos outils digitaux servent-ils la transformation ou la freinent-ils ?
  • Le numérique est-il un moyen ou est-il devenu une fin ?

La sobriété numérique ne signifie pas un retour en arrière. Elle invite à aligner innovation, performance et responsabilité, en redonnant du sens aux choix technologiques.


Vers des stratégies de durabilité plus complètes

 

Aujourd’hui, ignorer l’impact du numérique revient à laisser un angle mort dans les démarches RSE. À l’inverse, intégrer ces enjeux permet :

  • d’améliorer la cohérence globale des stratégies de durabilité,
  • de renforcer la crédibilité des engagements,
  • de préparer les organisations à des contraintes énergétiques et réglementaires croissantes,
  • et surtout, de construire des modèles plus résilients.

La transition durable ne se joue pas uniquement dans les usines, les chaînes d’approvisionnement ou les bilans carbone. Elle se joue aussi dans nos choix numériques quotidiens, souvent invisibles mais profondément structurants.

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